Philosophe allemand de renommée, Walter Benjamin est davantage connu pour ses traductions, ses critiques et ses flâneries plus que pour son amour des contes.

Pourtant, il a dédié un ouvrage au processus de la narration, qui est parfois traduit avec le terme qui renvoie à ce genre de la littérature orale : « Le conteur ».

L’art de raconter des histoires est toujours l’art de reprendre celles qu’on a entendues, et celui-ci se perd, dès lors que les histoires ne sont plus conservées en mémoire. Il se perd, parce qu’on ne file plus et qu’on ne tisse plus en les écoutant. Plus l’auditeur s’oublie lui- même, plus les mots qu’il entend s’inscrivent profondément en lui. Lorsque le rythme du travail l’occupe tout entier, il prête l’oreille aux histoires de telle façon que lui échoit naturellement le don de les raconter à son tour. Ainsi donc se noue le filet où repose le don de raconter. Il se défait aujourd’hui par tous les bouts, après qu’il ait été assemblé, voici plusieurs milliers d’années, dans la sphère des plus anciennes formes d’artisanat.

Source :

Benjamin Walter, 2018, " Le conteur " dans Expérience et pauvreté, Paris, Payot.

Abstract: Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici - La tâche du traducteur (1923), Expérience et pauvreté (1933), Le conteur (1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé.

Pour aller plus loin

Benjamin Walter, 2018, " Le conteur " dans Expérience et pauvreté, Paris, Payot.

Abstract: Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici - La tâche du traducteur (1923), Expérience et pauvreté (1933), Le conteur (1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé.

Benjamin Walter, 2018, Expérience et pauvreté, s.l., Payot, 76 p.

Abstract: Comment transmettre le passé ? Est-ce possible dans un monde régi par l'information brute et l'immédiateté ? Les trois célèbres textes réunis ici - La tâche du traducteur (1923), Expérience et pauvreté (1933), Le conteur (1936) - sont traversés par cette idée : depuis la Première Guerre mondiale, l'expérience a perdu de sa valeur, ce que l'on a soi-même vécu n'est quasiment plus mis en mots et transmis d'une génération à l'autre. Benjamin livre ici une poignante réflexion sur la beauté de ce qui disparaît, le sens de l'histoire et notre attitude ambiguë vis-à-vis du passé.

Le Bars Christian, 2003, " Walter Benjamin et le conte ", Horizons Maghrébins - Le droit à la mémoire, 2003, vol. 49, no 1, p. 60‑65.
Maïsetti Arnaud, Walter Benjamin | Le Conteur, , consulté le 17 octobre 2022.

Abstract: Teste intégral de l'article avec une nouvelle traduction.

Martin Serge, 2013, " Les fables de la voix en littérature enfantine : actualités du " Raconteur " (Der Erzähler, 1936) de Walter Benjamin ", Strenæ. Recherches sur les livres et objets culturels de l'enfance, 1 septembre 2013, no 5.

Abstract: Cette contribution s'interroge sur le peu d'écho rencontré par l'œuvre de Walter Benjamin dans le domaine de la critique de littérature jeunesse en France, au contraire de ce que son influence sur le reste de la vie intellectuelle française laisserait supposer. L'auteur s'intéresse plus particulièrement à l'essai "Le Raconteur" dont il offre une proposition de lecture, avant d'en appliquer les notions à la littérature jeunesse, s'attardant entre autres sur les liens entre "racontage" et oralité.

Martin Serge, "Le Conteur" de Walter Benjamin : les 19 pièces d'un manifeste du racontage, , consulté le 17 octobre 2022.

Abstract: Walter Benjamin, « Le Conteur. Réflexions sur l’oeuvre de Nicolas Leskov » traduit par Pierre Rusch (Oeuvres III, Paris, Gallimard, 2000, p. 114-151) On trouvera ci-dessous les 19 « chapitres » du texte de Benjamin résumés par un titre, le tout organisé en six parties pour constituer ce que j’appelle une anthropologie poétique du racontage. On peut retrouver une … Continuer la lecture de “Le Conteur” de Walter Benjamin : les 19 pièces d’un manifeste du racontage →

Nouss Alexis, 2021, " Le conteur comme traducteur " dans Nadine Decourt et Jean-Baptiste Martin (eds.), Littérature orale : paroles vivantes et mouvantes, Lyon, Presses universitaires de Lyon (coll. " CRÉA "), p. 297‑306.

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