Rencontres d’Automne du CMLO 2008 : Les fonctions éducatives de la littérature orale
Comme chaque année, le Centre Méditerranéen de Littérature Orale organise, en septembre, une rencontre autour d’un thème concernant la littérature orale.
La littérature orale traditionnelle, au-delà du plaisir de l’écoute, se révèle être un moyen efficace pour l’éducation de l’ensemble des sociétés humaines. Au cours de ces rencontres, nous tenterons de comprendre les raisons de cette universalité et surtout les limites et les spécificités éducatives de ces formes narratives.
Au-delà du cadre général, au cours d’une journée de préparation, nous avons choisi de développer trois champs spécifiques faisant écho aux problématiques de l’ »Education Nationale » :
– La littérature orale et la maîtrise de la langue
– La littérature orale et l’interculturalité
– La littérature orale et l’éducation spécialisée
Seront présents pour étayer notre recherche:
– Nadine Decourt : docteur en littérature comparée et en anthropologie, membre du CREA, enseignant-chercheur (IUFM/Faculté d’Anthropologie, Université de Lyon)
Auteur de « Contes et diversité des cultures » avec M. Raynaud, CRDP Académie de Lyon
– Christian Montelle : professeur de français retraité, a étudié et pratiqué la poésie, le théâtre et les textes oraux de la tradition, tout au long de sa carrière au Maroc, pendant dix ans, puis en Franche-Comté
Auteur de « La parole contre l’échec scolaire », Ed. L’Harmattan
– Henri Cazaux : conteur et instituteur spécialisé. Il encadre des ateliers sur la maîtrise de la langue orale auprès d’enfants ayant des difficultés scolaires
Auteur de « Conter à l’école », Cahiers pédagogiques n°304-305 (Paris)
Samedi 27
9h30 : Accueil
10h : Introduction des Rencontres
10h30 : « Le cadre anthropologique des systèmes éducatifs dans les sociétés de tradition orale » par Marc Aubaret
11h15 : Débat
11h30 : Le service éducatif du CMLO
12h : Débat
14h30 : « Littérature orale et éducation dans un cadre interculturel » par Nadine Decourt
15h30 : Débat
16h : « La littérature orale et la maîtrise de la langue » par Christian Montelle
17h : Débat
17h30 : Fin de la première journée des rencontres
20h30 : Scène ouverte
Dimanche 28
9h30 : Accueil
10h : Expériences diverses de projets éducatifs en relation avec la littérature orale
11h : Débat
14h : « La littérature orale en situation d’éducation spécialisée » par Henri Cazaux
15h : Débat
17h : Conclusion
17h30 : Fin des 5èmes Rencontres
Pour aller plus loin
Abstract: L’acte de transmettre ne se résume pas au seul processus de transmission. Il y a un au-delà à l’explicite des savoirs transmis, qui vient faire sens pour la personne qui les reçoit dès lors qu’elle est en capacité de se les approprier afin d’orienter sa trajectoire de vie. Transmettre ce n’est pas seulement instruire (donner des connaissances, former l’esprit et informer)… Transmettre c’est aussi éduquer (aider à développer des aptitudes, à s’inscrire dans une culture, à acquérir des usages). Dès lors, et parce que l’acte de transmettre participe de façon essentielle à la dynamique de construction du sujet, les sociétés contemporaines sont violemment confrontées aux « trous » générés par un travail de sape long et continu de la posture de l’adulte éducateur et de sa responsabilité. Les éruptions de violence, souvent commises par des individus fragilisés et abandonnés aux seuls discours des extrémismes, sont sans doute le symptôme d’un manque de figure d’autorité susceptible de produire l’étayage nécessaire au grandir ou se grandir. Reste alors à formuler les éléments de réponse pratiques à cette question : qu’est-ce que, au travers de l’acte de transmettre, l’adulte référent donne à saisir de lui-même qui permet à l’autre de se construire ? Et ce indépendamment du fait d’être d’accord ou non avec le contenu de la transmission...
Abstract: This paper concerns the programs set up in France within the framework of a partnership involving the Ministry of Education, local government authorities and popular education associations. These programs were set up in accordance with recent educational policy that wishes to fight school drop out and to ensure educational achievement for all. They are a response to expert opinions on academically challenged and low performing pupils at primary school and middle school by offering them artistic activities. We examine the obstacles these programs run up against, as well as their paradoxical character given the persistence of cultural inequalities. How can these educational activities of detour that obscure the underlying academic issues actually improve pupil’s performances ?
Abstract: A l'heure où l'éducation à la citoyenneté est plus que jamais à l'ordre du jour, où la question de la différence est en débat (différence culturelle, différence des sexes), le conte est un objet de découverte anthropologique inépuisable de la maternelle à l'université. Qu'est-ce que le conte ? Comment opère la variation ? Dans cet ouvrage, le lecteur trouvera une présentation de quelques expériences représentatives d'une démarche : jeu de la variante, exploration du même et de l'autre, travail de décentrement obligeant à des aller-retour entre théories et pratiques.
Abstract: L'usage du conte se généralise tant à l'école maternelle qu'élémentaire, et inspire à la fois les activités pédagogiques, mais aussi l'aide rééducative aux enfants en difficulté. L'auteur propose ici une approche didactique du conte à l'école, en...
Abstract: Cette recherche, inscrite dans la dynamique de lutte contre l'illettrisme s'éveillera progressivement depuis un empirisme de praticiens pour s'articuler ensuite, par emboîtements, dans l'heuristique de modélisation d'un système de formation d'acteurs illettrés/formateurs. L'auteur a dirigé durant cinq années le site de formation de l'Institut Universitaire de Formation des Maîtres à Poitiers.
Abstract: Les fondements de l’école républicaine française reposent sur la culture écrite, faisant de la lettre une valeur et un objectif central de l’éducation. Dans ce contexte, la pédagogie orale est associée à l’oral scolaire. L’histoire des idées éducatives montre qu’il existe un réseau de pédagogues européens de l’oralité, qui ont mis au centre de leur idéal, la parole et le vivant. C’est le cas du système éducatif des pays scandinaves, héritier de la philosophie de NFS Grundtvig, philosophe danois et initiateur d’un idéal pédagogique centré sur le concept de «parole vivante » . Cet article se propose de présenter brièvement chaque figure de ce réseau puis d’interroger la distance idéologique qui sépare le concept fédérateur de «parole vivante », au fondement de la pédagogie orale d’Europe du Nord, à celui «d’oral scolaire ».
Abstract: Le système éducatif français fondé sur le modèle républicain a fait de la culture écrite le socle de sa culture scolaire. Si l’école se préoccupe de plus en plus tôt de la maîtrise de l’écrit, paradoxalement, depuis ces dix dernières années, les programmes scolaires insistent sur la nécessité de faire une place à l’oral. Cette récurrence institutionnelle conduit à s’interroger sur le lien qui unit oralité et éducation. De quelle nature est l’oral scolaire ? Quelle a été la place de la parole dans l’histoire de l’éducation en France ? Pourquoi la culture scolaire a-t-elle fait du lien oral-écrit, un rapport en tension ? Un premier détour historique permet d’élucider l’héritage d’un idéal scolaire républicain centré sur la valeur de l’écrit. L’histoire des idées pédagogiques montre par ailleurs, qu’il existe des systèmes éducatifs qui se sont fondés sur des valeurs contraires. Notamment en plaçant au coeur de leur idéal éducatif, la parole et le vivant. La découverte d’un réseau de pédagogues reliés par un même concept, celui de « parole vivante », bouscule la représentation éducative de l’oralité. De l’oral scolaire à la « parole vivante », c’est en effet toute la dimension anthropologique qui apparaît et renouvelle la compréhension que l’on a communément de la parole dans l’éducation. En faisant résonner entre eux différents paradigmes généralement distincts, l’oralité apparaît dans ce travail comme une valeur pédagogique et moins comme un obstacle. Ceci a permis d’introduire l’idée nouvelle d’une pédagogie anthropologique qui fait émerger du couple oralité et éducation l’importance du vivant.
Abstract: Marx Lisa & Reverdy Catherine (2020). Travailler en partenariat à l’école. Dossier de veille de l’IFÉ, n° 134, avril . Lyon : ENS de Lyon. Disponible au format PDF : 134-avril-2020 (Egalement en ligne sur le site de l’IFE : http://veille-et-analyses.ens-lyon.fr/DA/detailsDossier.php?parent=accueil&dossier=134&lang=fr) Résumé Le fait de travailler en partenariat s’est imposé depuis plusieurs années comme une … Continuer la lecture de Travailler en partenariat à l’école →
Abstract: Suite à mes différents stages en école primaire, j'ai pu constater que la place accordée à l'oral dans les apprentissages est très différente selon le cycle. D'une place essentielle dans les apprentissages en maternelle, celui-ci passe alors souvent en seconde place par rapport à l'écrit dans les classes de cycle 2 et 3. Ayant surtout remarqué ce contraste lors de séances de littérature, je me suis interrogée sur la place du contage à l'école primaire ainsi qu'à ses enjeux. Dans ce travail de recherche, j'ai voulu ainsi comprendre en quoi cet art du conte oral peut être favorable aux élèves pour leurs apprentissages scolaires en ce qui concerne notamment la langue française. Mes différentes recherches et lectures m'ont donc amenée à retracer dans un premier temps l'historique du contage pour mieux appréhender ensuite sa place à l'école. Enfin, mon expérimentation du contage en maternelle m'a permis de vérifier les différents enjeux que cet art peut apporter aux élèves. J'ai ainsi pu constater que le conte oral a une place tout à fait légitime à l'école et que conter et faire conter les élèves revient à les faire entrer dans une culture orale riche de plusieurs siècles qui invite l'auditeur à voyager et grandir tout en apprenant. Conter développe l'imaginaire des enfants en les faisant entrer dans des cultures différentes mais permet également de travailler le langage dans toute sa complexité en les confrontant à un vocabulaire toujours plus riche et varié. En travaillant le conte oral, l'élève est ainsi amené à travailler sur la langue (le vocabulaire employé, les tournures de phrase, la trame narrative, etc.) mais doit aussi adopter une attitude de conteur qui fait ainsi travailler la posture, l'articulation, l'écoute et le respect des autres. L'utilisation du conte oral à l'école entraîne ainsi un retour à la parole et à l'écoute et renforce le lien social des élèves tout en favorisant la compréhension et la maîtrise de la langue.
Abstract: description de l'utilisation du conte dans l'éducation des enfants de sociétés traditionnelles d'expression exclusivement orale
Abstract: La pratique du conte à l'école intègre nécessairement la dimension orale, caractéristique fondamentale propre à la transmission des contes : il s'agit de reconnaître les contes de tradition orale comme supports d'apprentissage et de donner aux élèves l'occasion d'apprendre à conter. La pratique orale du conte se prête donc parfaitement aux objectifs que se fixe l'école aujourd'hui dans le domaine de la maîtrise de la langue. Dans cette optique, cet ouvrage propose une démarche claire pour introduire le conte à l'école élémentaire. (4e de couverture).
Abstract: Dans ce travail intitulé l’exploitation du conte dans les cours de FLE, notre but est centré sur l’objectif majeur de réaliser et d’orienter l’itinéraire pédagogique du conte. Comme l’apprentissage du conte a été prévu comme une matière d’enseignement dans divers programmes de langues étrangères, nous avons voulu réaliser une orientation envisageant un parcours didactique sur le conte. Par cette orientation nous visons à proposer un itinéraire pédagogique aux enseignants ainsi qu’aux apprenants du FLE. Ce parcours didactique nous permettra de parler du conte en fonction d’un contexte d’apprentissage, des sujets relatifs à ce genre littéraire, à la structure et au réinvestissement dans l’écriture. Dans cette démarche plutôt formelle et descriptive, nous avons voulu nous informer sur les spécificités du conte dans son esthétisme en prenant pour base La Petite Fille aux Allumettes. A cause de l’extrême diversité de ses formes et de sa grande richesse, le conte reste toujours dans sa singularité. Notre but est tout simplement d’inviter les apprenants et les enseignants à aller au contact du conte et par là, à le dépasser
Abstract: Cet article porte sur l'expression de la composante "évaluative" des récits produits par des enfants de 6-7 ans et sur l'effet que deux procédures d'intervention sont susceptibles d'avoir sur l'expression de cette composante dans un récit produit par l'enfant sous la forme d'un monologue. Les récits des enfants sont construits à partir d'une séquence de cinq images visant à mettre en scène l'histoire d'un malentendu entre deux personnages. Après avoir produit spontanément un premier récit, les enfants le racontent une deuxième fois soit après avoir été questionnés sur les raisons des événements - procédure de " conversation sur les causes " (CosCau) - soit après avoir entendu l'histoire racontée par l'expérimentateur - procédure " modèle " (Mod), soit encore après avoir joué à un jeu de " mémoire " avec les images de l'histoire - procédure de contrôle de l'effet de la simple répétition (Con).
Les résultats montrent que, après les deux procédures expérimentales, les enfants racontent des récits dont la composante évaluative et la cohérence globale augmentent significativement. De plus, les effets positifs obtenus après l'intervention sont maintenus, voire ils progressent ultérieurement, une semaine plus tard. Par contre, les réponses fournies par les enfants lors de la procédure CosCau ne prédisent pas spécifiquement les explications fournies dans les récits ultérieurs, récits produits également sous la forme de monologue. Ces résultats pointent vers la nécessité de disposer de moyens d'évaluation multidimensionnels des compétences réelles des enfants et incitent à appliquer ces méthodes sur le terrain.